« Dans la vie de tous les jours, il est cent occasions de remercier: merci de respirer, de marcher, merci pour ce bon livre, pour ce regard croisé dans la rue, merci pour cet oiseau à ma fenêtre, pour le jour qui se lève et les nuages dorés du soir, merci pour les mots et pour le silence, merci pour les personnes que je connais, que j'aime, et pour les "amis inconnus» dont parle le poète Supervielle, qui peuplent le vaste monde; merci aux mimosas d'embaumer au coeur de l'hiver, à l'orage de libérer la pluie, et merci à la neige qui adoucit toute chose. Seul le remerciement sanctifie le quotidien, à la façon dont le sourire illumine le visage le plus "ingrat."
A notre monde qui ressasse les horreurs, la louange peut sembler inconcevable voir inacceptable : les guerres, les maladies, les crimes de toutes sortes, la pollution, la misère la famine..., la liste est longue, mais justement le propre de la louange est de résister à ce monceau de malheurs.
Elle est la force du chant, l'entêtement et la joie qui persistent en dépit de tout. Elle est l'honneur de l'être humain, même face au silence de Dieu ; elle est sa force et la source de la sérénité laquelle il peut accéder. La louange est d'autant plus nécessaire que le péril menace : ce n'est pas candeur ni inconscience, mais la seul façon que l'homme a de dépasser sa condition, de se réfugier à l'ombre de Son Seigneur.
...Si l'on affirme que seule vaut la louange, qu'elle est une de nos principales vocation, c'est d'abord pour rappeler aux contemporains que sa vertu consiste à sauver l'homme d'un asservissement généralisé ... Nous sommes tous porteurs de la lumière de Dieu. Je veux dire que chacun de nous est totalement responsable de l'avancée de cette Lumière en ce monde...