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Etre juste Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

LES BASES DE L’ÊTRE INTÉRIEUR
6- Être juste

 

Introduction

« Comment l'homme sera-t-il juste devant Dieu?… Si je me justifiais, ma bouche me condamnerait; si j'étais parfait, il me montrerait pervers. » (Job 9. 2, 20) Ces mots de Job décrivent bien le sentiment que chaque homme peut éprouver quand il se prépare à rencontrer son créateur. Il suffirait, pour en être convaincu, qu’il soit proposé à chacun de montrer par une projection publique le film de sa vie… Ce sentiment s’appelle la culpabilité, témoin de notre vie déréglée, ce langage de Dieu dans l’homme, qui nous appelle à être en règle avec Dieu, par deux actes volontaires, la repentance de nos fautes et la foi dans l’œuvre expiatoire de Jésus-Christ. En effet, il n’appartient pas à l’homme de donner une rançon pour son âme ; il faut qu’il y renonce à jamais. (cf Ps 49. 7-8). On peut compenser ses fautes, mais pas les effacer. Nous pouvons être en règle avec Dieu, être justes parce que justifiés par lui. Examinons quelques aspects de cette œuvre.

 

La justification

La justice a vocation de s'exercer là – et seulement là – où surgit un litige susceptible d'être arbitré. Même limité par l'exigence d'un contentieux, le domaine de la justice est immense !

 Définition

C’est l’acte par lequel le Dieu trois fois saint déclare que le pécheur croyant est devenu juste, parce que Jésus-Christ a porté son péché quand il était sur la croix, ayant été « fait justice » en sa faveur. (1Co 1.30)

La justification est gratuite, c’est-à-dire totalement imméritée (Ro 3. 24 )

Elle est juste car Dieu ne passe pas simplement l'éponge sur nos péchés, au mépris de sa loi. Cette loi a été satisfaite en Jésus-Christ, qui l'a parfaitement accomplie et a subi pour nous toute la condamnation de nos fautes. Dans l’Ancien Testament, Dieu pouvait paraître injuste en ne punissant pas des hommes, comme David, par exemple. Ayant maintenant concilié sa justice et son amour à la croix, il justifie même l'impie (Ro 3. 25-26), si celui-ci se répand. Jésus nous justifie par son sang (Ro 5. 9) et par sa pure grâce (Tit 3. 7).

Dieu est miséricordieux et juste
(Ps 33. 4, 5; 103. 6-8; 145. 17; Heb 2.17; 1Jean 2.1)
Ces 2 attributs sont mentionnés très souvent ensemble dans l'Ecriture, non sans raison, car ils se complètent mutuellement.
Sans miséricorde, la justice serait dure, et tous les hommes seraient perdus; sans justice, la miséricorde serait une indulgence coupable pour le péché, et l'univers sombrerait dans l'anarchie. Dans sa miséricorde, Dieu a pitié du pécheur, mais dans sa justice, il le sauve en le justifiant du péché.

Dieu est saint.
(Jean 17.11; Ac 4. 27; Jean 14. 26)
Le mot saint signifie « séparé, mis à part, appartenant à ». Dieu se distingue radicalement des hommes pécheurs. Dans l'A.T., la sainteté de Dieu apparaît dans la distance qu'il veut maintenir entre lui et les hommes. Les sacrificateurs seuls peuvent offrir les sacrifices. Le lieu très-saint est accessible au seul souverain sacrificateur, une fois par an.
Cette sainteté extérieure illustre la sainteté morale de Dieu, son horreur pour le péché et sa perfection dans le bien. Elle exige la sainteté des adorateurs.
Dans le N.T., la sainteté de Dieu se manifeste par la sainteté parfaite de Jésus-Christ (Jean 8.46; 14.30) et surtout par le sacrifice de la croix.

Réception par la foi

La justification doit être reçue par la foi, et nullement sur la base des oeuvres (Eph 2. 8-10)

Elle est un acte souverain de Celui qui, en Christ, nous a appelés, justifiés et glorifiés: « Qui accusera les élus de Dieu? C'est Dieu qui justifie! » (Ro 8. 30-34)

Le pécheur accusé par la loi (Ga 3. 10-14), par Satan (Zac 3. 1-5) et par sa conscience (1Jean 3. 20) est non seulement délivré du châtiment par le Souverain Juge: il est déclaré juste, et rendu plus blanc que la neige. (Esa 1.18) Il n'y a plus pour lui aucune condamnation (Ro 8. 1) car Dieu le voit « en Christ », revêtu de la justice parfaite de son divin Fils (2Co 5. 21).

Difficultés

 Image

Caricature de Daumier : « Vous avez perdu votre procès, mais vous avez dû éprouver bien du plaisir à m'entendre plaider. »

Au cours des siècles, le point le plus controversé à propos de cette merveilleuse doctrine, est le suivant: la foi est-elle réellement la seule condition de la justification, ou les bonnes oeuvres ajoutées à la foi ne sont-elles pas également nécessaires pour y parvenir ? On rencontre sur ce point les opinions les plus extrêmes. Déjà, parmi les premiers chrétiens, certains pensaient pouvoir se contenter d'une adhésion simplement intellectuelle à la doctrine évangélique, sans conséquences pratiques quant à leur vie morale et à leur service. Paul a réfuté cette grave erreur (Ro 6. 1). Les ch. 12 à 16 des Romains complètent son magistral exposé du salut par la foi en insistant sur les oeuvres qui sont le fruit nécessaire de la justification.

Quant à Jacques, il dit la même chose en déclarant que « la foi sans les oeuvres est morte ». La foi qui a justifié Abraham était vivante parce qu'elle produisait des oeuvres; elle fut ainsi « rendue parfaite » (Ja 2. 17-26).

On peut résumer ainsi l'argumentation des 2 auteurs : le pécheur est justifié gratuitement par la foi seule, par l’acceptation de l’œuvre de Jésus-Christ, qui lui donne la nouvelle naissance, avant d'avoir pu faire aucune oeuvre (Paul); dès qu'il a reçu la grâce de Dieu, sa foi produit des oeuvres qui prouvent la réalité de sa justification (Jacques). Si sa foi demeurait sans oeuvres, elle ne l'aurait pas non plus justifié. On greffe un arbre sauvage afin qu'il porte de bons fruits; une nouvelle nature lui est donnée dans ce but, et non pas parce qu'il aurait peu à peu porté des fruits satisfaisants. Mais si ensuite il ne produit rien de bon, c'est que la greffe n'a pas réussi.

 

La justification dans la lettre de Paul aux Romains

Paul écrit à l'Eglise de Rome, qui compte quelques éléments juifs, mais la plupart de ses membres sont d'origine païenne.

La lettre contient un exposé de sa prédication, plus systématique que dans ses autres lettres, s'adressant à des chrétiens qui connaissent déjà les grandes vérités de l'Evangile. Il écrit :

  • Pour préparer sa visite (15. 24) avant de se rendre en Espagne et peut-être faire de cette Eglise son port d'attache occidental. Pour cela, l'Eglise devait être solidement fondée dans la foi, donc bien enseignée. Paul va donc leur exposer tout le plan de Dieu pour le salut de l'humanité.
  • Pour soutenir pleinement l'apôtre, l'Eglise de Rome doit résister aux influences des judaïsants (16.17) et aux arguments des contradicteurs (3.8, 31; 7.7, 13), elle doit être bien unie (14.1-15.13) et n'avoir aucun doute au sujet de l'Evangile prêché par l'apôtre (1.18-13.14) et des principes qui le guident dans son action (15.17-21).
  • Le deuxième but de la lettre sera donc de défendre la foi. Le thème est présenté rapidement (1. 16b-17).

Dans l’histoire
Au cours du moyen âge, dans les Eglises Romaine et Orthodoxe, la doctrine de la justification par la foi fut obscurcie par une fausse conception du rôle des bonnes oeuvres. La croix de Christ n'était plus suffisante pour payer notre dette: l'homme devait au moins en payer une partie par ses oeuvres méritoires : pèlerinages, rites de l'Eglise, et ses propres souffrances au purgatoire. C'est en découvrant à nouveau le lumineux enseignement de Paul, en particulier dans les épîtres aux Romains et aux Galates, que les Réformateurs ont ramené les croyants à l'assurance du salut et à la liberté glorieuse des enfants de Dieu
Il démontre que la colère de Dieu est sur le monde païen (1.18-32), sur le peuple juif (2.1-3.8), et donc sur tous les hommes (3.4-20). Le jugement de Dieu est selon la vérité (2. 4), selon les actes des hommes (2. 9), selon leur choix de vie (2. 12) et selon l’homme qu’Il a choisi pour cela, Jésus-Christ (2. 16).

La justification en Christ est offerte à tous les pécheurs qui croient (3.21-28), conformément au témoignage de l'A.T. (3.29-4.25). Parce que nos péchés sont lavés dans le sang de Jésus (3. 21), elle procure une paix durable avec Dieu (5.1-11), Parce qu’il est judiciairement condamné, le croyant est mis à mort avec Christ (6. 6), et libéré de l'esclavage du péché (6. 7), ainsi que de la la Loi (7. 4)

« Il n’y a donc plus de condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus » (8. 1) Le salut reste objet de notre espérance (8.18-27), mais il est certain (8.28-30) et la victoire finale nous est assurée (8.31-39)

 

Questions

En quoi le christianisme est-il différent des autres religions ?

Dieu est-il juste en annonçant des récompenses ? (1Co 3. 8)

Dieu est-il juste en ayant condamné le Seigneur ?

Comment Dieu jugera-t-il ceux qui n’ont jamais entendu l’évangile ?

Dieu est-il amour en étant juge ?

Y a-t-il des péchés « non pardonnables ? »

Que dire des gens « défavorisés » ? Ils ne peuvent pas faire autrement que de pécher. Pourquoi les condamner ?

 

Conclusion

L’évangile est la bonne nouvelle de Dieu, et Paul pouvait dire à juste titre qu’il n’en avait pas honte, car « il est la puissance de Dieu en salut à quiconque croit » (Ro 1. 16). Être juste aux yeux de Dieu est véritable privilège. Il nous permet de connaître la paix et la joie (Ro 14. 17), et c’est certainement la plus grande des richesses, en même temps que la plus ignorée… Mais elle est à celui qui la recherche, et qui la trouve, parce que c’est la volonté de Dieu « qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance » (1 Ti 2. 5).

 

 
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