LA PROSPÉRITÉ DE L’ÊTRE INTÉRIEUR 5- Vivre ses émotions douloureuses Introduction Les uns en ont en quantité, et en sont prisonniers, les autres ne savent pas les manifester, et pourtant, tous en sont pourvus de la même façon… De quoi s’agit-il ? Des émotions !
Vous êtes en train de déjeuner, et l’un de vos enfants s’agite particulièrement. Votre conjoint se lève, et lui donne une bonne fessée ; vous êtes en train de penser qu’il aurait du tenter de le calmer. Votre voisin de table, lui, n’aurait pas attendu si longtemps alors que son épouse s’efforce de consoler l’enfant en larmes… Que d’émotions, que de différences ! Traditionnellement absentes dans certaines parties du monde, parce qu’on les cache, notamment dans les pays asiatiques, et tellement présentes dans notre société moderne, dans l’art, par exemple, qui est devenu une forme d’expression incontournable, les émotions sont un des aspects les plus importants de notre personnalité. Elles nous font vivre de bons et de mauvais moments, passer du meilleur au pire, de la joie à la panique, de l’abattement à l’émerveillement. Pourquoi ces manifestations, comment les vivre, comment ne pas les subir ? L’anxiété est la température de l’âme.(L’Express, octobre 2002) Qui est gêné par elle cherche des compensations : - L’hyperactif : il dynamise la réflexion et cache ce qui est source d’anxiété.
- L’imaginatif : son monde n’est rempli que de perfection, alors que rien n’est assez beau dans le réel.
- Le sceptique : il organise sa vie pour combler les carences dues à ses hésitations
La tendance, on le voit ici, est de considérer l’anxiété comme caractéristique du personnage, et de l’amener à vivre avec, plus qu’à la comprendre. Le point de vue biblique est différent. Le point de vue du scientifique Lire, mai 1995 par Françoise Harrois-Monin Aujourd'hui encore, le cerveau, ce siège de nos pensées et de nos émotions reste une énigme, bien que des progrès fulgurants aient été effectués ces dix dernières années. Exemple unique d'organe double, il possède deux hémisphères aux rôles différents. Cette double «boîte à idées» fonctionne-t-elle de la même façon chez l'homme et la femme? Chez l'Oriental et l'Occidental? Est-ce la moitié droite - celle de l'expression artistique, de l'intuition - ou la moitié gauche - celle de l'analyse et de la logique - qui prédomine? Dans nos sociétés cartésiennes, la préférence fut plutôt donnée à la moitié gauche, plus éduquée et plus informée. Questions Peut-on se mettre en colère, quelles en sont les différentes formes d’expression ? Est-ce normal de ressentir de la honte ? Est-il normal pour un chrétien d’avoir peur ? Quelle est la part familiale, ecclésiastique de notre manque ou excès d’expression émotionnelle ? Le point de vue biblique Les émotions sont présentes et reconnues dans la Bible, comme la colère (Ephésiens 4. 26), la joie (Jean 15. 11), la tristesse (Marc 14. 34), la crainte (1Jean 4. 18), etc… Elles sont montrées clairement chez le Seigneur Jésus. Elles ont donc leur utilité, et leurs limites : « Mettez-vous en colère et ne péchez pas » (Ephésiens 4. 26) Etymologie L’hébreu parle de tremblement intérieur, de soupir, de feu (1Rois 3. 26) à propos de la femme qui était devant Salomon, et son jugement terrible, d’agitation (Ruth 1. 19), de hurlement, de trouble (Cant 5. 4) à propos de la Sulamite qui a raté son rendez-vous avec son bien-aimé. Le grec parle d’entrailles remuées (Mat 9. 36) à propos du Seigneur face à la foule qui avait faim, de violence intérieure (Jean 11. 33) à propos du Seigneur face aux souffrances liées à la mort, de mouvement vers, (epithumia, un seul mot pour convoitise, désir Mat 5. 28 ; Luc 22. 15). Sans décrire ces manifestations, la Bible montre clairement ce qui habite notre être intérieur. Il est donc normal que nous les vivions. Etiologie (étude des origines) De même que les scientifiques envisagent la pensée avec deux pôles différents, la Bible nous montre ces deux pôles, rationnel (PR) et émotionnel (PE). On les voit par exemple dans : - 1Thessaloniciens 4. 13 : « Je ne veux pas que vous soyez ignorants(PR) à propos de ceux qui sont morts… afin que vous ne soyez pas affligés (PE) »
- Hébreux 12. 3 : « Considérez (PR) celui qui a enduré une telle contradiction… afin que vous ne soyez pas découragés (PE) »
- Romains 5. 1 : « Ayant été justifiés (PR) sur le principe de la foi, nous avons la paix (PE) avec Dieu »
- Philippiens 4. 9 : « Que ces choses occupent vos pensées (PR)… et le Dieu de paix (PE) sera avec vous »
La colère marque un déficit de justice, nous renseigne sur la réussite de nos buts. Quand nos buts sont bloqués, par quelque chose ou par quel-qu’un, l’opinion que nous avons de la situation fera que la colère « montera » ou non. « Mettez-vous en colère et ne péchez pas » (Eph 4. 26) • La colère est juste, bonne • Elle n’est pas un péché • Elle nous oriente vers le problème • Elle a donc son utilité • Notre but est-il juste, et porteur d’amour ? • Sommes-nous dans l’acceptation positive? • Ne nous laissons pas en-traîner par ce sentiment (Ja 1. 20) Ces deux pôles se correspondent. Nous avons une logique qui nous est propre, et qui se traduit par les émotions correspondantes. L’accent est mis en premier sur la logique, le pôle rationnel, qui relève de notre responsabilité, puis sur les conséquences, notre état d’âme. Prenons pour exemple le désir. Il (PE) vient du prix (PR) que nous accordons à quelque chose ou à quelqu’un. On peut ainsi comprendre le commandement « aimez-vous les uns les autres », et accorder du prix à celui qui est notre prochain, démarche qui produit le sentiment. Notons aussi la différence entre désir et convoitise. Elle est dans l’objet considéré et non pas en nous: on peut apprécier la beauté, c’est le désir, mais on ne se l’approprie pas, ce serait la convoitise. Vivre ses émotions La peur marque un déficit d’amour, nous renseigne sur l’opinion que nous avons de nous-même. Avoir peur de quelqu’un ou d’une circonstance, c’est penser qu’on est pas capable de lui faire face, c’est ne pas s’aimer. Le vertige en est un bon exemple. « L’amour parfait chasse la crainte », (1Jn 4. 18) • La crainte doit « partir » • Elle révèle le manque d’amour • Elle révèle notre préoccupa-tion • Elle a donc son utilité • Ne craignons pas de craindre • Recadrons notre préoccupa-tion • Occupons-nous d’aimer Alors que dans notre société, on assimile émotion à être (« Je ressens, donc je suis comme ça »), la Bible nous appelle à ressentir « juste », en comprenant pourquoi nous ressentons ici, de la honte, là, de la jalousie, là, de la tristesse. Prenons pour exemple, la tristesse des Corinthiens (2Co 7. 10). Elle est appelée « tristesse selon Dieu » parce qu’elle est l’indicateur qui montre que quelque chose ne va pas. Elle provient de la culpabilité qui les habite. Elle les dirige donc vers Dieu et la repentance à cause de la culpabilité et vers leurs frères ; elle est donc vraiment utile. Vivre ses émotions, c’est - Accepter celles qui déstabilisent (honte, orgueil, jalousie…), parce qu’elles sont utiles.
- Chercher à comprendre ce qui nous arrive
- Identifier la pensée qui est à l’origine de l’émotion
- La reconnaître devant Dieu, l’abandonner si besoin et la remplacer par une pensée juste ou la mettre en œuvre pour Dieu
- Estimer les choses comme Dieu
- Trouver sa joie dans toute circonstance (Jacques 1. 2)
- Attendre de retrouver une sérénité intérieure (période de deuil)
Conclusion Nos émotions sont la fenêtre qui ouvre sur le contenu de nos pensées. Elles sont la partie irrationnelle du langage, qui révèlent la pensée à l’autre mais aussi à nous-mêmes. Ne subissons pas nos émotions douloureuses mais reconnaissons-les comme utiles, ne craignons pas d’en avoir, et comprenons ce qu’elles véhiculent. Elles sont notre richesse : une indication et non un handicap. La mise en œuvre de ce qui est juste produit la paix (au lieu de la colère) et la joie (au lieu de la peur). 
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