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Écrit par Guillaume ARGAUD
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08-12-2009 |
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Information ou désinformation ? Exxon Mobil Corporation, la première compagnie pétrolière mondiale, a financé en 2008 des recherches remettant en cause le réchauffement climatique. Dans son édition du 1er juillet, le quotidien britannique The Guardian rappelle que les comptes d'Exxon Mobil montrent qu'en 2008, la compagnie a participé à hauteur de 75 000 dollars aux recherches du NCPA – National Center for Policy Analys, situé à Dallas (Texas) –, de 50 000 dollars à celles de l'Heritage Foundation et de 245 000 dollars à celles de l'American Enterprise Institute for Public Policy Research, toutes deux situées à Washington. Ces différents lobbies sont connus pour leur positions très sceptiques vis-à-vis du réchauffement climatique. Cité par The Guardian, Bob Ward, directeur de la communication de l'Institut de recherche sur les changements climatiques et l'environnement de la London School of Economics, considère que le NCPA comme l'Heritage Foundation ont publié des informations "inexactes et trompeuses sur les changements climatiques". Le NCPA déclare notamment sur son site Internet que "si les causes et les conséquences de la tendance au réchauffement climatique sont encore inconnues, le coût des actions visant à réduire sensiblement les émissions de CO2 serait très élevé et entraînerait le déclin économique, l'accélération de la destruction de l'environnement, et n'aurait que peu d'effet sur le réchauffement global, quelle que soit sa cause". "L'ANNÉE 2008 EST PLUS FROIDE QUE L'ANNÉE 2007" De son côté, l'Heritage Fondation publiait, à l'occasion de la conférence sur le réchauffement climatique de décembre 2008 réunissant 190 pays à Poznan (Pologne), un mémorandum dans lequel elle remettait en cause le principe même du protocole de Kyoto. "Un nombre croissant de preuves scientifiques mettent en doute la menace du réchauffement climatique, notamment le fait que l'année 2008 est plus froide que l'année 2007", écrivait alors Ben Lieberman, analyste principal des politiques de l'énergie et l'environnement pour l'Heritage Foundation. The Guardian rappelle pourtant qu' Exxon avait admis, dès mai 2008, que son soutien à des groupes de pression qui remettent en question les changements climatiques entravait les actions visant à lutter contre le réchauffement. La compagnie affirmait alors son intention de couper les fond de plusieurs de ces lobbies pour ne plus détourner l'attention sur les nécessaires recherches en matière d'énergie propre. Et malgré tout, selon l'agence AP, Exxon Mobil, comme les autres compagnies pétrolières, a encore augmenté de manière importante ses dépenses en matière de lobbying au cours du premier trimestre 2009. L'agence de presse chiffre à 44,5 millions de dollars les sommes déjà investies à Washington par les différents lobbies pétroliers en seulement trois mois, contre 129 millions de dollars sur l'ensemble de l'année 2008. Avec 9,3 millions de dollars investis, Exxon Mobil a déjà multiplié par trois ses dépenses par rapport à 2008. Selon AP, les compagnies pétrolières et les raffineurs cherchent notamment à limiter le coût de l'impact de la politique de Barack Obama sur le réchauffement climatique. (Source Le Monde) Attention à ce que nous estimons vrai quand nous écoutons les médias... Guillaume |
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Écrit par Guillaume ARGAUD
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07-12-2009 |
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Pendant longtemps, j'ai pensé naïvement qu'on s'était contenté d'alterner 30 et 31 jours pour chacun des mois selon les bosses de nos mains. En effet, ça tombe pile poil ! Juillet et août ont tous deux 31 jours car ils sont situés en haut de la bosse, et non dans le creux…
Et puis, je me suis posé (innocemment) la question suivante : pourquoi février ne comporte que 28 jours alors que juillet et août ont tous deux 31 jours ? Bizarre, bizarre… ni une, ni deux, je décide de mener mon enquête…
Les notes du moine Wikipedeus
Cela commença par de longues nuits blanches passées dans les bibliothèques poussiéreuses du vieux Lyon, à fouiller de vieux grimoires manuscrits du Xe siècle avant N.S. Jusqu'au jour où je tombai sur une note écrite d'un moine nommé Wikipedeus et sur le travail de plusieurs historiens. A ce moment là, tout s'éclaira !
Notre calendrier actuel est grégorien. Il apparut en réforme du calendrier julien, qui lui-même est une réforme du calendrier romain… Vous connaissez la suite.
Le calendrier romain, en vigueur jusqu'à 45 av. JC, était composé comme suit :
* Martius, (mars) : 31 jours, nommé ainsi en l'honneur du dieu romain Mars
* Aprilis (avril) : 30 jours, dédié à la déesse grecque Aphrodite, et désignant l'ouverture de l'année
* Maius (mai) : 31 jours, en l'honneur de Maia, une très ancienne déesse romaine, souvent désignée comme la compagne de Vulcain
* Iunius (juin) : 30 jours, en l'honneur de la déesse romaine Junon
* Quintilis (juillet) : 31 jours, de « quintus » comme le cinquième mois
* Sextilis (août) : 30 jours, « sexitilis » car il s'agit du sixième mois
* September (septembre, le septième) : 30 jours
* October (octobre, le huitième) : 31 jours
* November (novembre, le neuvième) : 30 jours
* December (décembre, le dixième) : 30 jours
Comme vous pouvez le voir, il manque deux mois, soit environs 61 jours… Pas très fute-fute Romulus. Mais cela s'explique quand même un peu : sans rentrer dans les détails, ces jours « de marges » permettaient de réajuster le calendrier selon les lunaisons (car ce calendrier était basé sur la lune). Et en Hiver, on arrêtait de compter les jours (d'un côté, ce n'est pas bête ! ).
Les « années bissextiles »
Mais arriva Jules César… Afin d'éviter un décalage des saisons, il indexa le calendrier sur le soleil, sur le conseil d'un astronome grec, Sosigène d'Alexandrie. Ils décidèrent que l'année civile comporterait 365 jours. Or, l'année solaire dure 365,25 jours (pensaient-ils à l'époque - en réalité, il s'agit de 365,2422 jours). Il fallait donc palier ce retard sur ce calendrier solaire (365 contre 365,25).
Ainsi, il fut décidé que « les années dont le millésime serait divisible par quatre compteraient 366 jours au lieu de 365. Dès lors, tous les quatre ans, on répéterait le sixième jour avant les calendes de mars, appelé “ Sextus ante Kalendas Martias ”. Le jour ajouté fut alors baptisé “ bis sextus ante Kalendas ”. C'est de là que provient le terme “année bissextile”.
Concrètement, pour Jules César, une année comporterait 12 mois alternant successivement 31 et 30 jours. On retire 1 jour à février pour obtenir un compte de 365 jours (sauf année bissextile).
On avait ainsi le mois Quintilis qui comportait 31 jours, et le mois Sextilis 30 jours.
Or, tout le monde connait l'égo démesuré de Jules César. Ainsi, en son honneur, on décida de donner le nom de Jules César à un mois de l'année. Mais il était totalement impossible de toucher à Januarius, Februarius, Martius, Aprilis, Mayus et Iunuis qui portaient déjà le nom de divinité.
Ainsi, ce fut le mois juste après ceux des dieux, Quintilis, que l'on baptisa Julius, comme Jules César, qui deviendra plus tard le Juillet que l'on connait.
Jusque là, nous avons toujours des mois qui alternent régulièrement 31 et 30 jours (Julius en comportant 31 et, celui d'après, Sextilis 30).
Un problème d'égo
Cependant, la réforme des années bissextiles imposée par César fut mal appliquée, car mal-comprise. En effet, on rajoutait un 366e jour tout les 3 ans, au lieu de 4. Il fallu donc une nouvelle réforme pour rectifier ce calendrier décalé.
Ce fut l'un des successeurs de Jules César à la tête de l'Empire Romain qui fut à l'origine d'une réforme du calendrier Julien : Auguste. En son honneur, le sénat décida de donner le nom d'Auguste à l'un des mois de l'année, comme ce fut le cas pour Jules.
Ces sénateurs décidèrent donc de renommer le mois juste après Julius (celui de Jules). Ainsi, Sextilis devint Augustus (que nous connaissons aujourd'hui sous le nom d'Août).
Mais cela posa un gros problème d'égo à Auguste ! En effet, Augustus ne comportait que 30 jours ! Rendez-vous compte, un jour de moins que le mois de Jules César ! ! Sans attendre, les sénateurs rajoutèrent un jour à Augustus et en retirèrent un au dernier mois d'hiver.
Maintenant, vous savez pourquoi Juillet et Août ont tous deux 31 jours alors qu'ils se suivent dans le calendrier. Et également, vous savez pourquoi il n'y a plus que 28 jours à février.
Le mystère est donc levé !
Source : Rue89 |
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Écrit par Guillaume ARGAUD
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03-12-2009 |
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Monsieur Lamère a épousé Mademoiselle Lepère.
De ce mariage, est né un fils aux yeux pers*.
Monsieur est le père, Madame est la mère.
Les deux font la paire.
Le père, quoique père, est resté Lamère, mais la mère, avant d'être Lamère était Lepère.
Le père est donc le père sans être Lepère, puisqu'il est Lamère et la mère est Lamère, bien que née Lepère.
Aucun des deux n'est maire.
N'étant ni le maire ni la mère, le père ne commet donc pas d'impair en signant Lamère.
Le fils aux yeux pers de Lepère deviendra maire.
Il sera le maire Lamère, aux yeux pers, fils de Monsieur Lamère, son père, et de Mademoiselle Lepère, sa mère.
La mère du maire meurt et Lamère, père du maire, la perd.
Aux obsèques, le père de la mère du maire, le grand-père Lepère, vient du bord de mer, et marche de pair avec le maire Lamère, son petit-fils.
Les amis du maire, venus pour la mère, cherchent les Lamère, ne trouvent que le maire et Lepère, père de la mère du maire, venu de la mer.
Et chacun s'y perd !
Transmis par jipehem
* pers = entre le bleu et le vert |
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Écrit par Rouméas Etiennette
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18-08-2009 |
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une allégorie à méditer... des pensées s'élèveront dans ton coeur et tu formeras de ... projets; tu diras: je ... (Ezéchiel 38. 10-11) Le voyage intérieur de Zénobe Lanturlu « T’es avec nous, Zénobe ? » lui demandaient fréquemment ses amis … « Oui, oui… » répondait-il, d’un ton las. Zénobe Lanturlu était devenu taciturne… très taciturne. Il était à un de ces moments de la vie où on se pose des questions. Désirant vraiment avancer et progresser, un certain nombre de choses lui pesaient. Des habitudes qu’il savait mauvaises, dont il n’arrivait à se défaire malgré ses efforts. La peur qui s’emparait parfois de lui, une peur panique et irrépressible, par rapport à son avenir professionnel et sentimental : « Comment faire les bons choix ? comment ne pas me tromper ? vais-je y arriver ? » Un sentiment de solitude extrême parfois, et l’impression souvent de ne pas être à la hauteur de ce que Dieu attendait de lui. Bref, il enviait souvent ceux de ses amis pour lesquels la vie semblait être un long fleuve tranquille, sans grandes souffrances ni émotions douloureuses. « Ca ne doit pas être pour moi » se disait-il… « je dois être spécial ! »
Il avait bien essayé de comprendre ce qui lui arrivait, de chercher de l’aide et des conseils utiles autour de lui. « Cette mauvais habitude, tu dois l’abandonner ! elle déshonore Dieu » lui avait dit un ancien de son église, en fronçant ses gros sourcils noirs. Il le savait bien, mais entendre cela ne lui était d’aucune aide. « Est-ce que tu pries assez ? le Seigneur seul peut te délivrer de ces choses ! » lui avait dit un autre ami. Et il avait prié beaucoup : « Seigneur, délivre moi de cette mauvaise habitude, de ces peurs, de ces sentiments négatifs et douloureux ! ». Il n’avait pas eu l’impression que le Seigneur se souciait de lui et l’écoutait. Un autre lui avait dit : « Tu te poses trop de questions, moi je ne me torture pas comme ça, et je vis bien mieux ». On lui avait conseillé de changer d’église, de chercher de l’aide auprès d’un psy, de voir du monde et ne pas s’isoler, de faire un effort et de mobiliser sa volonté, de plus lire la Bible, de s’oxygéner les neurones etc… Certains conseils étaient bien judicieux, d’autres moins. « Si toutes ces personnes m’avaient donné un euro plutôt qu’un conseil, je serais riche maintenant !» avait-il pensé, amer.
La journée de Zénobe Lanturlu se terminait. Encore une de ces journées qui laissait dans son être intérieur un sentiment d’insatisfaction et d’impuissance. Il se versa une petite liqueur et y trouva momentanément un peu de chaleur et d’optimisme. « Seigneur… » pria-t-il… « si Tu m’aidais à y voir clair ? je me sens parfois si las !» Il alla se coucher. L’horloge sonna onze heures. La pâle clarté de la lune traversait les fentes du volet. A peine était-il endormi qu’une lumière étrange se fit dans la pièce. « Est-ce que je rêve ? Est-ce que je suis réveillé ? » se demanda Zénobe. Il ne sut jamais ce qu’il en était vraiment. Peu importe finalement… Il se redressa sur ses coudes et vit une personne dans la pièce, auréolée de lumière. Elle lui dit, avec un sourire amical : « Viens Zénobe, viens avec moi… je vais t’aider à y voir plus clair ! » D’abord inquiet, puis curieux et rassuré par le visage bienveillant de son guide, Zénobe sauta du lit et saisit sa main. Ils avancèrent tous deux, sans toucher le sol, dans un long couloir qui les mena dans une immense salle baignée de lumière.
Zénobe fut stupéfait… jamais il n’avait vu pareille chose. Au milieu de la salle trônait une immense machine constituée de rouages, d’articulations, de capteurs, de cartes électroniques, de vérins et de voyants. Tout cela fonctionnait, bougeait, tournait, grinçait parfois, clignotait, cliquetait… manifestant ainsi une ressemblance de vie. Zénobe s’approcha de la machine et vit qu’elle comportait, tout autour, des ouvertures munies de bacs. De temps en temps, un paquet sortait d’une de ces ouvertures et tombait dans un bac. Intrigué, Zénobe prit un de ces paquets qui venait de tomber, et il y lut : Je construis. Perplexe, il saisit un autre paquet et y lut : J’aime. Il attrapa ainsi successivement des paquets marqués : Je suis agressif, Je partage, Je résiste, Je mange trop, Je pleure, Je suis violent, Je compatis, Je suis dépendant … La machine produisait en permanence de nouveaux colis, et Zénobe vit bien qu’il n’arriverait jamais à tous les examiner.
Son guide l’observait d’un air interrogateur. Zénobe leva ses yeux vers la paroi de la salle où était inscrit sur un grand panneau : « SALLE DES ACTES », puis se tourna vers son nouvel ami : « Je comprends que cette machine représente la partie de mon être qui agit, qui produit des actes et des paroles, parfois bons, parfois mauvais. Un peu comme un arbre produit des fruits, parfois comestibles et délicieux, parfois immangeables ». Le guide opina de la tête. Pourtant une chose intriguait Zénobe : il n’arrivait pas à voir quelle énergie alimentait cette machine. Ou plutôt d’où venait cette énergie, aucun moteur, aucun accumulateur, aucun réservoir n’étant visible. Il se pencha et aperçut dans l’enchevêtrement des rouages et des câbles électriques des orifices dans le sol. Par ces orifices passaient des canalisations transportant courant électrique et vapeur. « Il y a une pièce en-dessous ! » dit-il à l’ange qui lui servait de guide « l’énergie qui me fait agir vient d’ailleurs, d’un endroit plus profond de mon être ! » Il sut, au clin d’œil de l’ange, qu’il avait compris quelque chose d’important. « Viens, descendons d’un étage » lui dit son guide en lui tendant la main. La salle inférieure avait un aspect un peu différent, même si la machinerie sembla tout aussi complexe à Zénobe. Des couleurs vives illuminaient périodiquement la pièce, agréables ou criardes. Des sons aussi émanaient de la machine, musiques mélodieuses ou craquements sinistres selon les moments. Mais là aussi des guichets, et des paquets apparaissaient régulièrement : Zénobe y lu : Je suis anxieux, Je suis heureux, J’ai peur, Je suis satisfait, Je suis triste, Je suis tendu, Je suis en paix, Je suis joyeux, Je me sens seul etc… Il comprit qu’il était … euh…. un coup d’œil vers le mur de la salle le conforta dans son avis : « SALLE DES EMOTIONS ». « Comprends-tu un peu mieux ce qui se passe en toi, Zénobe ? » lui demanda l’ange. Et il ajouta : « L’être humain a la capacité de ressentir des émotions. Dieu l’a voulu ainsi. Tu vois ces canalisations qui montent des Emotions vers les Actes ? Eh bien ! souvent ce que tu fais est la conséquence de ce que tu ressens ». Zénobe comprit alors pourquoi le fait de se sentir « sans valeur » le conduisait à éviter souvent les actions difficiles, ou à se replier sur lui-même et parfois même à chercher des compensations dans le travail, voire dans l’alcool. Il balaya la salle d’un regard circulaire, mais pas trace de moteur ou de source d’énergie. Il observa les canalisations qui descendaient du plafond. Si certaines étaient reliées à la machine des Emotions, d’autres s’enfonçaient directement dans le sol. Sous la machine des Emotions, il vit aussi d’autres orifices et cria à son guide : « Il y a une salle en-dessous, l’énergie vient d’ailleurs ! ». Mais celui-ci l’attendait déjà dans l’escalier… Dans la salle en-dessous, l’ambiance était plus feutrée. Pas d’ouvertures dans les flancs de la machine, pas de paquets produits. Mais toujours la même vie animant un enchevêtrement électromécanique de roues dentées et de câbles multicolores. Un regard vers le mur apprit à Zénobe qu’il se trouvait maintenant dans la « SALLE DES PENSEES ». De gros voyants verts et rouges constellaient les parois de la machine, s’allumant et s’éteignant de manière quasi aléatoire. Se penchant sur les inscriptions, il put lire « Pensée juste » sous un voyant vert et « Pensée fausse » sous un voyant rouge. Ainsi donc, ce sont les pensées, justes ou fausses, qui déterminent mes émotions, et mes actes, se dit Zénobe. « Oui ! » dit son guide devinant ce qui se passait en lui, « les pensées bonnes ou mauvaises que tu cultives produisent des émotions, bonnes ou mauvaises, agréables ou douloureuses. Comme des arbres produisent des fleurs. Ces émotions produiront tôt ou tard des fruits, bons ou mauvais. Ce que tu fais, et ce que tu ressens, est la conséquence de ce que tu penses ». « Mais alors, dit Zénobe, ce n’est pas sur les mauvais fruits, les actes injustes, les mauvaises habitudes que je dois travailler pour changer des choses dans ma vie. C’est sur mes pensées ! » « Oui !…et non ! » répondit l’ange avec un sourire malicieux, « Penser juste est fondamental, et avoir de saines pensées ancrées dans la vérité de Dieu important. Mais la Parole t’encourage aussi à abandonner les actes mauvais, les péchés, et les mauvaises habitudes. » Mais comment entretenir de bonnes pensées ? comment lutter contre les mauvaises pensées et les « amener captives à l’obéissance du Christ » (2 Cor 10v5)? Le guide montra à Zénobe la canalisation passant dans le sol sous la machine des Pensées. Il fut pris d’un léger vertige… Cette descente vers les profondeurs de l’être intérieur n’aurait-elle donc jamais de fin ? L’ange le prit par le bras et cela redonna des forces à Zénobe.
Ils descendirent encore un étage et se trouvèrent dans une salle plus immense encore, mais silencieuse. Sur le mur, un panneau : « SALLE DES DECISIONS DU CŒUR ». Plus de machinerie, plus d’escalier pour descendre plus bas. Seulement une manette à deux positions permettant de choisir l’énergie provenant de deux réservoirs. Le premier réservoir était immense (même sur la pointe des pieds, Zénobe avait du mal à en apercevoir le bout) et portait l’inscription « DIEU ». Le second réservoir d’énergie, bien plus petit, était marqué « MOI ». Zénobe remarqua que cette petite source d’énergie avait été autrefois reliée par un tuyau au grand réservoir. La liaison avait été abîmée depuis longtemps : « Au jardin d’Eden… » soupira-t-il « vieille histoire ! ». Mais un éclair fugitif manifesta que l’endroit n’était pas désert : un Serpent sortit de la canalisation éventrée en sifflant …
Les deux positions de la manette étaient parfaitement repérées par deux écriteaux en lettres capitales : - « MARCHER PAR L’ESPRIT » put lire Zénobe pour la position « énergie de Dieu » - « MARCHER PAR LA CHAIR» était-il écrit pour la position « énergie du Moi » « Tu vois mon cher Zénobe » lui dit l’ange « nous sommes là dans l’intimité de ton être, là où tu fais tes choix de vie. Cette manette, il n’y a que toi qui puisses l’actionner. Tu peux choisir de croire que ce que Dieu dit est juste, de te laisser guider par le Saint-Esprit qu’Il t’a donné à ta conversion, de te laisser enseigner par Sa Parole. Tes pensées seront alors des pensées justes, selon Dieu. Elles produiront des émotions justes, et des actes justes. Tu peux aussi décider, comme Adam et Eve, de déterminer toi-même ce qui est bien ou mal. Tes pensées seront alors fausses, parce que souvent inspirées par Satan, et produiront des émotions négatives et des actes mauvais ».
Imprudemment, Zénobe voulut en avoir le cœur net. Il plaça la manette sur la position « MARCHER PAR LA CHAIR ». Il n’attendit pas longtemps : des craquements, des grincements et autres bruits inquiétant parvinrent à ses oreilles depuis les étages supérieurs. Il monta les escaliers quatre à quatre : de nombreux voyants rouges étaient allumés à l’étage des pensées. Au-dessus, à l’étage des Emotions, des éclairs violents, des bruits stridents remplissaient la salle. Dans les bacs, des paquets tombaient : Effrayé, Nerveux, Angoissé, Paniqué, Coupable, Amer etc … Tout en haut, à l’étage des Actes, la situation n’était guère meilleure : Cauchemars, Boulimie, Colère violente, Jalousie, Addiction, Domination, Abus etc …
Il redescendit en trombe, arriva hors d’haleine dans la salle du cœur et bascula la manette sur la position « MARCHER PAR L’ESPRIT ». Il s’essuya le front. La machine emballée se calma peu a peu, la sérénité revint aux étages supérieurs, les voyants rouges s’éteignirent, et les verts s’allumèrent un à un. Le guide le regardait en souriant. Il lui montrait un grand panneau accroché au mur et Zénobe put y lire : Car du dedans, du cœur des hommes, sortent les mauvaises pensées, les adultères, les fornications, les meurtres, les vols, la cupidité, les méchancetés, la fraude, l’impudicité, l’œil méchant, les injures, l’orgueil, la folie Marc 7v21-22 « Tu saisis l’enchaînement, Zénobe ? le cœur de l’homme déconnecté de Dieu, les mauvaises pensées, les mauvaises actions… c’est toujours comme ça, depuis la chute de tes premiers parents dans le jardin d’Eden. » Zénobe Lanturlu commençait à comprendre les choses, les questions se bousculaient maintenant dans sa tête : « Ne serait-il pas possible de bloquer la manette sur la bonne position ? Comment rester connecté à Dieu ? Que dois-je faire avec mes émotions pénibles ? les ignorer ? les enfouir ? Jamais je n’arriverai à comprendre tout ce que Dieu me dit dans la Bible ! comment faire ? Par quoi dois-je commencer ? Je suis parfois submergé par tant d’émotions contradictoires… J’aimerais tant être heureux, ressentir la paix dans mes relations, et le plaisir d’agir dans la liberté. Etre serein face aux circonstances, et satisfait dans ce que je fais. Aimer et être aimé. Et trop souvent je n’arrive pas à goûter ces choses, et cela me fait souffrir. Est-ce possible de vivre cela, ou pas ? »
Son guide lui répondit avec un sourire bienveillant : « Oui, Zénobe, c’est possible. C’est même ce que Dieu désire pour toi. Tu en sais maintenant assez. A toi de réaliser ce qui relève de ta responsabilité et de le mettre en œuvre. Veille à garder la manette sur la bonne position. Ne crains pas la souffrance, elle va t’aider à progresser. Si tu souffres en péchant ou en commettant un acte injuste, confesse-le, et regarde la pensée qui sous-tend l’action : tu verras qu’elle n’est ni juste ni selon Dieu. Si tu ressens une émotion douloureuse (honte, orgueil, jalousie …), accepte-la, vis-la, mais demande-toi toujours si elle ne cache pas à la base une pensée fausse. Remets en ordre dans tes pensées ce qui doit l’être, à la lumière de la Parole de Dieu, et spécialement des épîtres. Tes pensées mauvaises proviennent parfois de manques et de carences dans l’enseignement que tu as reçu ou compris. Parfois aussi de blessures, d’injustices subies dont Dieu veut s’occuper. A toi de creuser ! Tu n’arriveras pas à tout régler d’un coup; mais Dieu ne te le demande pas. Vas en paix, mets-toi en marche, le Seigneur sera avec toi dans ce chemin ! »
L’obscurité revint dans la chambre et l’ange disparut. L’horloge de l’église sonna minuit, la lune jouait à cache-cache avec quelques nuages. Zénobe Lanturlu plongea dans un profond sommeil, paisible et réparateur. Le lendemain, il trouva sur sa table de nuit un post-it qu’il attrapa avec curiosité. Il y lut avec émotion une recommandation, et un verset : La manette Zénobe! Surveille la manette!
Regarde, j'ai mis aujourd'hui devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur, choisis la vie afin que tu vives (Deutéronome 30. 15-19)
Ton ami le guide :)
Tout ce qui s’état passé durant la nuit revint à sa mémoire. Zénobe Lanturlu serra le post-it sur son cœur, et sourit. Puis il alla le coller sur la porte du frigo, où il s’y trouve encore… jean-philippe muller
juillet 2009
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Écrit par Rouméas Etiennette
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17-05-2009 |
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une lectrice nous envoie ce magnifique poème de Michel Quoist.
En temps de crise, les journaux nous abreuvent de tant de pessimisme... qui font échos à tant de souvenirs malheureux... de souffrance vécue... et pourtant, Il est là, Il peut entendre notre plainte, Il peut donner un sens à nos pour quoi. Je porte trop lourd, Seigneur, ça ne pouvait pas durer Je porte trop lourd, Seigneur, Ca ne pouvait pas durer! Mais ce soir je crois enfin avoir trouvé ce que depuis longtemps tu attendais de moi. Mon chemin de vie n'est pas très long, Seigneur mais mon passé chargé J'ai reçu tant de coups sur mes routes quotidiennes et vécu tant d'événements qui m'ont fait mal m'ont révolté, Ou bien inscrit dans mon âme des remords tenaces Que les souffrances se sont accumulées en mon coeur trop grand. Les greniers en sont pleins, et les caves remplies. Et tout au fond, comme un cadavre enterré, ce lourd secret... - Le mien ou celui d'un être cher- mille fois piétiné mille fois recouvert mais qui bouge toujours au moment où enfin je le crois à jamais terrassé. Je porte trop lourd, Seigneur, Ca ne pouvait pas durer! Je porte trop lourd, et j'en ai mal au dos Je me fais de la bile et j'en ai mal au foie Je ne peux pas digérer les épreuves et j'en ai mal à l'estomac. Et tous ces événements Seigneur, qui me coupent l'appétit, Qui me font faire du mauvais sang Qui me paralysent Qui me donnent mal au ventre Qui me rendent sourd ou m'aveuglent... Tous ces maux au coeur qui me font mal au corps et me laissent affaibli, déprimé, M'empèchent de dormir... et de me réveiller... Seigneur, il fallait m'en délivrer, car je porte trop lourd, ça ne pouvait pas durer. J'ai tout essayé... en vain. On m'a dit Seigneur, que les petites souffrances très vite s'évanouissent et que les grandes douleurs avec le temps s'estompent. Qu'il fallait être courageux et ne plus y penser car le passé est passé et doit être oublié. Et j'ai lutté, tu le sais. J'ai maintes fois tenté de tourner la page pour ne plus regarder Mais d'un coup de vent chaque fois s'est rouvert l'album de photos de mes souvenirs anciens. J'ai tenté de cicatriser mes blessures, de mille baumes conseillés. Belles idées, beaux sentiments Et même élans de foi et de prières répétées. Mais au moindre choc de la vie, les plaires se sont rouvertes. Elles ont saigné. Il fallait tout recommencer! J'ai cru pendant un temps enfin y parvenir. Orgueilleusement j'ai dit "c'est fait" car j'ai tout accepté et je n'y pense plus... Mais les souvenirs et les souffrances enterrées, en moi vivaient toujours. Comme plantes sauvages, leurs racines demeurent, et quand je tente d' arracher, leurs feuilles et leurs fruits, vigoureuses elles repoussent dans le champ de mon coeur. Mes larmes les arrosent. Elles se développent. Elles m'envahissent. Elles m'étouffent. Mangent la vie, me laissent déprimé, Et pénètrent même entre les pierres de mes fondations, murs épais, que je croyais solides mais qui butalement, par pans entiers s'écroulent. Et pourtant Seigneur, quelque fois je me crois libéré. Je n'ai plus de souvenirs douloureux...! Je peux enfin dormir. Mais la nuit hélas, mon corps brutalement s'agite car les fantômes de ces souvenirs sortent de leur cachette et déguisés de mille et folles façons en mes rêves ou mes cauchemars dansent leur farandole Je me réveille fatigué. Je me lève épuisé. Je porte trop lourd, Seigneur. Ca ne pouvait pas durer. Mais ce soir... Est ce que je rève, Seigneur? Je crois enfin avoir trouvé ce que depuis longtemps tu attendais de moi. Car j'ai lu par hasard cette phrase de psaume imprimée sur une image pieuse : Jette ton souci sur le Seigneur et Lui-Même te soutiendra (Ps4) Et je crois qu'à travers ces mots c'est toi qui m'a parlé. O Seigneur pardon pour tout ce temps perdu Pour ces mille souffrances Et ces découragements Pour ces sinistres plaintes Et ces folles révoltes A cause de cette vie enfermée refoulée gaspillée qui en mon coeur pourrissait Fumier privilégié de mes mauvaises herbes. O Seigneur pardon, car Tu étais là Tu m'attendais pour porter avec moi, ... et porter le fardeau Comme un père qui aide son petit enfant Et entre les mains lui laisse seulement, Juste ce qu'il peut soulever. Mais je ne te voyais pas car je regardais mes souffrances. Je ne t'entendais pas, car j'écoutais le bruit de mes larmes, et seul, orgueilleusement, je voulais tout garder. O Seigneur pardon, car Tu étais là Tu m'attendais pour me prendre en tes bras Me soulever Me porter, en même temps que porter mes bagages. Mais il fallait Seigneur, Que j'accepte enfin d'avoir vécu tout ce que j'ai vécu Et que librement je te le donne Car Tu ne prends pas de force Ce que l'on ne veut pas te donner. Me voici enfin, Devant Toi, Seigneur, à bout de souffle à bout de vie, Je veux Te donner TOUT ... Mais sans toi Seigneur, je le sais, Je ne pourrai y parvenir. Aide-moi Seigneur, je T'en supplie Car il me faudra beaucoup de temps pour tout déraciner mais sans rien arracher Beaucoup d'efforts pour tout déménager mais sans rien garder, de ce que malgré tout je voudrais conserver Beaucoup d'humilité pour tout révéler de ce que je voulais cacher. Il me faudra beaucoup de temps pour m'habituer à Te donner chaque jour Toutes les petites et lourdes pierres de mon chemin Celles sur lesquelles je bute, Celle que l'on m'envoie par inscouciance ou méchanceté Celle que je lance aux autres et qui sur moi reviennent. Aide-moi Seigneur Devant les difficultés de ma vie celles d'hier et celles d'aujourd'hui A regarder sans crainte plutôt qu'à détourner les yeux A déterrer plutôt qu'à enterrer A oser me souvenir, plutôt qu'à tenter d'oublier Et même à sentir et ressentir ce que j'ai éprouvé, plutôt qu'à refouler. Car je ne pourrai Te donner, Que ce à quoi je consens ce que je tiens entre mes mains tremblantes et que Toi tu attends pour toujours m'en libérer. Je portais trop lourd, Seigneur, Ca ne pouvait pas durer... Mais tu m'as invité à vider chaque soir le sac de mon coeur. Alors je serai Comme le petit enfant dans les bras de son père dans les bras de sa mère Qui a tout dit de ses peines et qui s'endort en paix, parce qu'il se sait aimé et que l'amour de ses parents est plus fort que tout.
Ps 54; Ps 30; Mat11,28 + 29; Ps 31; Ps 4 Michel Quoist, "Chemins de prières" |
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