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Penser par soi-même Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Guillaume ARGAUD   
22-12-2011
Vous avez cité Doris Lessing : "Pensez faux, s'il vous plaît, mais surtout pensez par vous-même." Comment peut-on à la fois penser par soi-même et obéir à Dieu, faire la volonté de Dieu ?

Dieu à la fois nous parle personnellement par la Bible et lit en nous-mêmes (il sait ce qui se passe en nous). Ma responsabilité est de faire mienne la parole de Dieu. Il faut que je dise non seulement "je suis d'accord avec toi" mais "c'est ça que je choisis". C'est cela, penser par soi-même.

Dans certains milieux chrétiens, on apprend un peu à se méfier de soi-même. Paul dit (Romains 7:18) : "Car je sais qu'en moi, c'est-à-dire en ma chair, il n'habite point de bien." Mais la chair, c'est cette attitude d'autonomie, d'indépendance à Dieu, ce n'est pas ma personne. Il faut que je me méfie du comportement charnel, du comportement d'autonomie, mais il ne faut pas que je me méfie de moi. Colossiens 2:18 : "Que personne ne vous frustre du prix du combat, faisant sa volonté propre". La volonté propre est celle qui est indépendante à Dieu. Mais si je reçois la parole de Dieu, que je la fais mienne, si je dis oui, ça c'est vrai, c'est vénérable, c'est juste, c'est pur, alors je peux penser par moi-même et faire la volonté de Dieu.

Mais alors, qu'est-ce que penser faux ?

A la naissance, le terrain que Dieu nous donne est un terrain vierge. Pendant la douzaine d'années où l'enfant n'est pas encore pubère, ce terrain se remplit de choses bonnes et de choses mauvaises (ce qu'on apprend à l'école, ce qu'on voit chez les parents etc.). Quand intervient une prise de position devant Dieu, une conversion, il y a dans ce terrain des choses bonnes et des choses mauvaises, des choses qui sont selon Dieu et d'autres qui ne sont pas selon Dieu. C'est incontournable. Ce n'est pas pour rien que le Seigneur Jésus est mort pour nos fautes. Penser faux est dans un sens inévitable. C'est pour cela que nous avons à amener toute pensée captive à l'obéissance du Christ (2 Corinthiens 10:5). Alors pensez faux, allez-y mais pensez par vous-mêmes. Autrement dit, marchez et vous allez vous rendre compte que vous pensez faux. La chute, c'est-à-dire le péché, est dans un sens l'occasion, grâce à la conviction de péché de l'Esprit de Dieu, de nous rendre compte que nous pensons faux. La pire des choses est de toujours demander aux autres ce qu'il faut faire au lieu d'avoir une pensée personnelle mais qui résulte d'une rencontre avec Dieu.

 
Souffrance et plaintes Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Guillaume ARGAUD   
12-12-2011
J'ai entendu qu'il faut éviter de trop se plaindre. On souffre quand on ne connaît pas Dieu mais on souffre aussi quand on connaît Dieu. Alors faut-il accepter de souffrir sans se plaindre ? Est-ce ainsi qu'on doit vivre ?

Prenons une image. Les ténèbres, c'est l'absence de lumière. Pour éclairer quelque part, qui aura l'idée d'enlever des ténèbres ? Personne. Pour éclairer, on apporte de la lumière. Se plaindre, c'est en quelque sorte vouloir "enlever des ténèbres", c'est vouloir se débarrasser de ce qui fait souffrir.

Ce qui nous est proposé, c'est de voir les choses comme Dieu les voit. On est sorti d'Egypte, on passe par des moments difficiles, par des déserts, mais Dieu nous a promis qu'il nous ferait rentrer dans quelque chose de bon. Alors, ce que je suis en train de traverser de douloureux, je le regarde comme un instrument dans la main de Dieu. Ce faisant, j'apporte la lumière sur ce qui fait mal, je ne suis pas en train d'enlever ce qui fait mal.

Dire "j'ai mal", c'est objectif, ce n'est pas se plaindre. Nous n'avons pas à ignorer la douleur. Ce que nous vivons est difficile, on est tous d'accord. Mais nous marchons dans quelque chose qui est très fort, très important. Ici, là, il y a obstacles, douleurs, impasses, contrariétés, peur, jalousie... D'accord ! Allons-y, avançons. Nous savons que c'est pour la bonne cause. Si Dieu est souverain, alors ce que je suis en train de vivre a son sens, a sa réalité en lui. Je sais que Dieu va l'utiliser pour lui et pour moi. Je ne le regarde pas de mauvaise manière. Je le regarde sans le nier, je le vis, avec Dieu. Mais je ne dis pas "Oh là là !" C'est décourageant de s'entendre dire "Oh là là ! Je n'y arriverai pas !" Il faut regarder les choses difficiles et dire : "J'y vais. C'est difficile, mais moi, je vais arriver à faire ce que Dieu me demande."

 
Souffrance et œuvres Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Guillaume ARGAUD   
05-12-2011
J'ai entendu : il faut faire pour connaître. Dans notre histoire, il y a des "faire" avec lesquels on se débat. Quand on devient chrétien, c'est par la foi et on nous répète que ce n'est pas par nos œuvres. Ensuite on est souvent trop dans le faire avec Dieu et il est difficile de rester ancré dans l'amour de Dieu qu'on reçoit par grâce. Et maintenant, j'entends qu'il faut faire pour connaître.

Qu'est-ce qu'on fait de tout ça ?

"C'est par la grâce que vous êtes sauvés" signifie-t-il que, pour être sauvé, on n'a rien à faire ? Croire, c'est faire! Jean 6:28-29 :"Les Juifs lui dirent donc : Que ferons-nous pour faire les œuvres de Dieu ? Jésus répondit et leur dit : C'est ici l'œuvre de Dieu, que vous croyiez en celui qu'il a envoyé." On a donc bien quelque chose à faire. Dieu ne nous appelle pas à être paresseux ; il nous appelle à entrer dans son œuvre, à collaborer à son œuvre.

Quelqu'un qui est devenu enfant de Dieu, qui est sous la discipline de Dieu, n'est plus une créature de Dieu sous la condamnation, sous la colère de Dieu. La colère de Dieu s'exprime toujours mais de manière différente. Avant elle s'exprimait en justice ; maintenant elle s'exprime en éducation.

Pour la nouvelle naissance, il me semble qu'il y a une double porte à franchir, celle de la repentance et de la foi (cf. par exemple Actes 20:21). Quand on se réalise condamné, on se repent. Quand on se réalise sauvé, on croit. Passer par cette double porte est une action dans laquelle on est personnellement engagé.

Ensuite, il y a toutes les œuvres que Dieu a préparées à l'avance afin que nous marchions en elles, qui ne participent pas à notre salut. Ces choses que nous faisons nous montrent que nous sommes capables de les faire. C'est ça, pratiquer pour savoir. Par exemple, je vais pardonner, et en pardonnant, je me rends compte que mon pardon n'est pas total, qu'il me reste des choses. Autrement dit, je fais, et je me rends compte que je n'ai pas fait aussi bien que je le pourrais. Alors je le refais une deuxième fois avec quelqu'un d'autre, je pardonne. J'ai pris en compte l'expérience de la première fois mais la deuxième me révèle autre chose, etc. C'est comme quand on apprend un travail particulier : on le fait plus ou moins bien et plus on le fait, plus on sait en quoi il consiste exactement. Quand on marche dans les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l'avance, on a l'impression qu'on ne rend service qu'à Dieu, mais on se rend aussi service à nous-mêmes parce que c'est ainsi qu'on rentre dans ce savoir que Dieu veut nous transmettre.

 
Souffrance et fatigue Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Guillaume ARGAUD   
29-11-2011
C'est assez étonnant de penser que Dieu nous a créés avec cette possibilité de se fatiguer et qu'il nous donne cet ordre de nous reposer. Cela fait partie des choses qui peuvent nous faire souffrir. Quand on est fatigué, il y a une souffrance, il y a quelque chose qui n'est pas confortable, on peut avoir mal quelque part, on peut sentir que nos forces sont moins importantes qu'avant. Mais Dieu nous a appelés à nous fatiguer. Il nous faut donc vivre cette souffrance.

"Tu es fatigué ?

- Oui.

- Mon pauvre!

- Non. Je suis fatigué. Tout va bien."

Attention à ne pas avoir un idéal déplacé qui est de dire qu'il faudrait toujours être en forme. Le samedi soir à 22h, prendre un jus d'orange survitaminé, bien enrichi en vitamine C pour être en forme, ce n'est pas normal !

Adam avant la chute avait tout. Maintenant, on en est rendu à avoir la souffrance, la douleur, la fatigue. Mais au début, Adam ne devait pas avoir tout ça, n'est-ce pas ?

Il est dit que Dieu s'est reposé au septième jour.

Il est dit qu'Adam devait garder le jardin. Il y avait un commandement pour Adam ; Adam avait donc des limites, un interdit ; il lui fallait de la rigueur.

La fatigue est-elle un problème ? Non ! On se repose beaucoup plus quand on s'est fatigué. C'est bien de se fatiguer, à condition de ne pas ajouter nous-mêmes de la souffrance dans le regard que nous portons sur notre fatigue. Il faut pouvoir se dire : je suis fatigué mais c'est normal.

 
Souffrance et fuite Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Guillaume ARGAUD   
21-11-2011
Parmi les réactions personnelles à la souffrance, il y a la fuite.

Quand on discute avec plusieurs personnes, on est parfois en conflit. Dans la Bible, il est dit que, si on n'est pas d'accord, à un moment donné le plus raisonnable se tait et on continue sur autre chose, on passe son chemin. Est-ce une fuite ?

En grec, le conflit se dit "polemos" qui a donné polémique. La polémique, c'est un échange de points de vue qui peuvent s'opposer. Un conflit, c'est bon ! Il faut qu'il y ait des échanges de points de vue. Dans 1 Corinthiens 11, il est même dit qu'il faut qu'il y ait des écoles de pensée différentes "pour que ce qui est juste parmi vous soit manifesté". Donc le conflit, c'est bien ! Dire "je ne suis pas d'accord", c'est bien !

Le problème, c'est que très souvent on fait évoluer le conflit en guerre. On dit : "Je ne suis pas d'accord ! Je ne te parle plus!" On n'a pas pris cette habitude simple de dire ce qu'on pense mais de continuer à respecter l'autre, de faire plutôt une mise en commun d'informations. Dans le couple, ou entre deux personnes, il faudrait pouvoir se dire : "moi, j'aimerais ceci", "et moi, j'aimerais cela". Ce sont des choses, peut-être, qui vont s'opposer, mais on les met ensemble et on continue avec ça. Philippiens 3:15 nous dit : "Et si en quelque chose vous avez un autre point de vue, cela aussi Dieu vous le révélera, cependant, dans les choses auxquelles nous sommes parvenus, marchons dans le même sentier." On peut donc avoir des pensées différentes mais il faut continuer à marcher avec des pensées différentes. Et ça, on ne sait pas bien le faire. Il faut qu'on apprenne à dire ce qu'on pense, à dire ce dont on est convaincu, à dire ce qu'on entend dans la parole de Dieu et continuer à s'apprécier, à se respecter, à s'écouter.

 
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